Le P.L.U. s’appuie sur un choix directeur en matière de développement économique : il
traduit un « tout tourisme » néfaste à terme pour les intérêts collectifs de notre région.
Le tourisme est, par les tenants du P.L.U., définit comme : « La
principale activité de la commune ». Cette définition ancre la
commune dans la dépendance – et non dans la complémentarité
– un secteur économique par rapport aux autres secteurs, le
secondaire et le tertiaire.
Pire, aux antipodes de toutes considérations identitaires, culturelles
et sociales, il réfute comme principal acteur et bénéficiaire la
communauté porto vecchiaise, au même titre que actuellement le
Peuple corse l’est à l’échelle de son naturel territoire insulaire.
Non au P.L.U.
Nous réfutons la légitimité de ce P.L.U. : Il consacre la disparition
d’un tissu communautaire historique au profit d’une logique de
développement économique basée sur uniquement sur un tourisme
orienté et dévoyé. Il induit également un accroissement de la
colonisation de peuplement dont une partie non négligeable pourra
répondre à la logique poussée des ventes accrues de terrains
côtiers.
Il est d’ailleurs précisé dans le rapport de présentation du P.L.U. (Page
43) que « les résidences secondaires ont représenté la majeure
partie de la production ces dernières décennies ». L’augmentation
des résidences secondaires est tout autant suivie – toujours selon
le même rapport – « d’une forte consommation d’espace. C’est
tout autant à un mitage défigurant que l’ensemble des côtes est
voué : l’exemple de Santa Ghjulia est là pour le rappeler. Les sites
de Palumbaghja, Purapu, et de a Chjappa prennent la même voie.
Cette logique de dépossession communautaire et de bétonnisation,
nous la refusons.
Le P.L.U. s’appuie sur un choix directeur en matière de développement économique : il
traduit un « tout tourisme » néfaste à terme pour les intérêts collectifs de notre région.
Une communaute minorisée
L’absence d’un corps citoyen corse implique à l’échelle communale
que les corses, à travers ce P.L.U. seront minorisés au profit de
logiques culturelles et sociales déstructurantes engendrées à
la fois par la présence française et le choix de développement
économique.
Notre équilibre communautaire est menacé. L’absence d’un
encadrement juridique spécifique ôte la possibilité aux corses d’être
acteurs de leur devenir au sens collectif du terme.
D’une part le choix du « tout tourisme » induit une augmentation
des activités touristiques et de Bâtiments et Travaux Publics.
Il est d’ailleurs reconnu en page 32 du rapport de présentation
que « Porto Vecchio (et non Porti Vecchju bien sur) est une ville
dynamique comme en témoigne son solde migratoire positif. De
nombreux étrangers y migrent, notamment grâce à l’importance du
secteur BTP et du tourisme. En 1999, la part des étrangers à Porto
vecchio (22.9%) est nettement plus forte que celle du département
ou de la région, respectivement 10.4% et 9.9% ». Evidemment par
étrangers ici, il ne faut pas comprendre présence et installation des
nombreux français…
Il est donc inévitable d’affirmer que parallèlement à la croissance
démographique de la commune (12 000 habitants aujourd’hui), la
communauté corse tend elle à se minorité…
Une disparition programmée
La spatialité du développement économique orienté et son corollaire
la colonisation de peuplement ne se résument pas à la seule ville
et ses extensions urbaines. Les hameaux de la commune sont
eux aussi menacés de disparaître, et à travers eux les valeurs
culturelles, sociales et familiales spécifiques à chacun d’entre eux.
Les hameaux limitrophes à la cité comme u Pricoghju, Murateddu, a
Palavesa, a Tirnità subissent une dépossession et une urbanisation
caractéristique. Ceccia, a Petra d’Arca, i Pianedda, Farrucciu,
Renaghjolu, tassu Russu deviennent l’objet de nombreuses
convoitises. Mela, Bala, a Pascialedda, u furconu, Alzu di Ghjaddina
présentent les premiers prémisses cette dépossession.
Parallèlement et contradictoirement à cette poussée démographique,
l’absence d’un plan offensif de logements sociaux – contré sur le
terrain par une poussée de projets immobiliers de luxe – pose à
court terme la question de l’accès au logement, au même titre que
le droit à la propriété privée pour de nombreux corses, compte tenu
des flambées spéculatives des prix sur les ventes des terrains.
Un développement à deux vitesses
Les schémas infra structuraux accompagnent tout naturellement
ce dessein. La circulation routière et portuaire suppose une gestion
des flux et donc un aménagement voir une modification spatiale à
cet égard.
C’est donc dans cette logique qu’il faut situer le pharaonique
projet de port de plaisance au coût exorbitant par rapport aux
deniers communaux. La destination plaisance s’articule ici avec
la destination golfique de trois projets clairement identifiés portés
bien évidemment par personnes en lien directe avec la municipalité
sortante… Cette vision d’un Saint Tropez méditerranéen qui
certes sied si bien aux gens comme Camille de Rocca Serra et à
son cercle du Show Biz qu’il a introduit ici et là comme Messieurs
Clavier, Hallyday ou Sardou se heurtera inévitablement à la réalité
sociale et culturelle de notre communauté.
Ce P.L.U. dessine les contours d’une société à deux vitesses. Nous
lui disons non.
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