Alors que le 1er ministre de la France vient en Corse nous expliquer que “la France est en
faillite”, et que la Corse n’a pas grand chose à espérer financièrement pour un quelconque
développement, CNI a voulu se pencher sur le montant de l’épargne corse, véritable « Secret
Défense », que la Banque de France connaît mais ne divulgue pas (cf. sommation interpellative
faite par la FDSEA de Haute Corse).

Nous savons que le montant de l’épargne corse est
de 10 milliards d’euro avec un encours (total des prêts
consentis dans l’île) de 1 milliard d’euro soit 9 milliards
d’euro placés sur le marché monétaire international et
qui servent à créer des emplois et des richesses ailleurs
qu’en Corse. Nous savons que le ratio normal d’un pays
en développement est de 1 pour 5 (1 d’épargne pour 5
d’encours). Par conséquent, la Corse avec ses 10 milliards
d’euro d’épargne pourrait prétendre à 50 milliards d’euro
d’encours...
Ainsi, se sont 49 milliards d’euro qui devraient servir
au développement de la Corse et dont notre peuple ne
profite pas. Ce détournement de l’épargne corse constitue
un véritable scandale. Celui-ci se poursuit depuis des
décennies sans que les élus corses aux affaires ne
prennent la moindre initiative pour changer cet état de
fait. Les banques, qui ne jouent absolument pas le jeu
du développement local détournent les richesses corses
au bénéfice d’opérations réalisées à l’extérieur de l’île.
Pour avoir un ordre d’idée, le montant du PEI avec lequel
la Corse va faire les routes, les hôpitaux, les aéroports,
les ports n’est que de 1,8 milliards d’euro. Alors que la
somme dont la Corse est privée est de 49 milliards d’euro.
Aujourd’hui le constat que tout le monde peut faire est
que les banques corses ne prêtent pas aux Corses (sauf
à quelques individus). Toutes les filières économiques
sont concernées par ces absences de facilité bancaire
qui viennent plomber l’économie locale. Artisans,
commerçants, agriculteurs voire simples particuliers ont
tous des difficultés pour faire que les banques prêtent aux
Corses leur propre épargne.
Femu Quì, le FIP (Fond d’Investissement de Proximité) ont
tous à leur manière cherché à résoudre ce problème avec
des résultats qui restent malheureusement insuffisants,
l’épargnant n’ayant pas forcément l’état d’esprit d’un chef
d’entreprise. Et certaines banques ont carrément refusé
de jouer le jeu du FIP et d’une tentative de développement
local. Or nous savons d’après quelques experts que
ces 9 milliards d’euro d’épargne non investis en Corse
rapportent net (après impôts) aux banques et autres
compagnies d’assurances 300 millions d’euro par an.
CNI propose qu’une partie au moins de ce bénéfice (10
% représenteraient déjà 30 millions d’euro par an) vienne
alimenter tous les ans un fonds de garantie maîtrisé par
la CTC au service d’un développement économique local,
décidé par les Corses pour les Corses. Il faut noter que la
constitution de ce fonds de garantie relèverait d’un simple
jeu d’écritures permettant de libérer le crédit bancaire sur
des projets ciblés par la CTC. Aujourd’hui cette épargne
corse sert davantage l’investisseur étranger que les
Corses eux-mêmes.
Lorsque de grands économistes nous expliquent que la
violence a bloqué le développement économique de la
Corse parce qu’elle a empêché l’installation en Corse
d’investisseurs étrangers, il faut savoir que l’investisseur
étranger trouve ses fonds sur le marché monétaire
international, et qu’à hauteur de 9 milliards d’euro cet argent
est le nôtre, celui des Corses... La Corse dispose donc
d’une ressource importante qui lui est confisquée. Pire,
cette ressource va se tarir puisque aucun développement
ne tend à la conserver voire à l’amplifier. La France et son
système bancaire font en Corse exactement le contraire
d’un développement durable.
CNI interpelle aujourd’hui l’ensemble du peuple corse et
de la classe politique pour dire qu’il y a urgence à réagir
en se donnant les moyens d’un véritable développement
économique endogène et durable. Ces moyens existent et
tournent le dos à l’assistanat et la dépendance française.
Ils s’appuient sur nos ressources propres et sont suffisants
pour toucher tous les Corses désireux de vivre dignement
chez eux. Grâce à ce fonds de garantie, le crédit
bancaire ainsi libéré pourrait permettre à de nombreux
Corses d’accéder à la propriété, voire à de petites unités
touristiques de voir le jour. Il en va de même pour les
agriculteurs en quête de foncier ou autres investissements,
tout comme pour les artisans qui pourraient ainsi mieux
supporter la concurrence extérieure en se modernisant,
ou encore le secteur touristique proprement dit, où de
véritables projets de qualités pourraient voir le jour.
CNI prend l’initiative d’un large débat, au sein de l’opinion
corse, autour du problème de l’épargne détournée, et des
processus permettant de mettre un terme à ce scandale
(exemple : création d’un fonds de garantie corse). CNI
interpelle aujourd’hui à ce sujet tous les responsables de
Corse, politiques, syndicalistes, socio-professionnels.
Corsica Nazione Indipendente
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Corsica Nazione Indipendente — 2008 |
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