Suite aux démissions de Monsieur Chatard et du Docteur Fauconnier du groupe de travail sur la catastrophe de Tchernobyl, j’estime devoir apporter quelques précisions, ayant été l’auteur des deux motions de l’Assemblée de Corse sur l’organisation des deux enquêtes épidémiologiques, la seconde délibération ayant conduit à la création de ce groupe de travail.
La première motion a été adoptée dès 1999 et a donné lieu à une enquête dont les résultats ont été entachés de suspicion. En effet, elle a été confiée aux organismes ayant eu à gérer la catastrophe en 1986, ces derniers étant à la fois juges et parties.
C’est la raison pour laquelle j’ai déposé, il y a trois ans, une seconde motion demandant qu’une nouvelle enquête soit confiée à un laboratoire indépendant, après appel d’offre européen. Cette motion a été, malgré de fortes réticences, adoptée par l’Assemblée.
Depuis, malgré nos multiples relances, nous en sommes toujours à l’élaboration de l’appel d’offre et du cahier des charges, et il est vrai que le groupe de travail ne brille pas par son activité. Je pense, comme les démissionnaires, qu’il existe de fortes pesanteurs dans cette affaire, la vérité risquant d’être douloureuse pour un certain nombre de hautes autorités politiques et administratives.
Les Corses ayant droit à cette vérité, il faut continuer à combattre les forces d’inertie. Je pense toutefois que la présence, au sein du groupe de travail, de tous ceux qui sont attachés à la vérité est nécessaire, même si la direction des opérations appartient aux élus de la majorité.
C’est pourquoi, tout en comprenant leur exaspération parfaitement justifiée, j’appelle les démissionnaires à revenir siéger au sein du groupe de travail, ce dernier devant enfin se réunir dans les jours à venir.
Jean-Guy Talamoni
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